jeunes penseurs du changement et la domocratie(J.P.C.D)est un mouvement panafricains

Ce qui nous unis est plus fort que Ce qui nous différentier; l'avenir est la gouvernance d’équipe qui est la gouvernance de responsabilité

Archive pour la catégorie 'culture'


Gabon:Hommage a feu président Omar Bongo Ondimba survenu le 08 Juin 2009 à Barcelone(Espagne)

7 juin, 2014
culture, histoire | Pas de réponses »

08 Juin 2009 au 08 Juin 2014, déjà 5 ans comme la blague

Cher compatriote,demain est un jours nouveau mais une date unique, 08 Juin 2009.Date connu de tous comme décès survenu du défunt président Omar Bongo Ondimba à Barcelone(Espagne).sans nous rendre compte, 5 bonne année se sont écouler après son décès.

La jeunesse par le bien de cette page trouves a dire:Nous sommes fière d’avoir connus ce Grand Homme de caractère et de tolérance,cette personne qui a su sans être passer parles grandes université gouverner et donner un sens au dialogue dans un pays.L’artiste Congolais Koffi Olomide a dit dans une de ces chanson » petit mais Costaud ».et nous le retrouvons dans ces mots(Omar Bongo Ondimba).

Le Gabon et ses ami(e)s frère et sœur ont reconnus votre passage sur terre,tout comme ils reconnaissent que vous auriez pu nous laisser un plus grand héritage.Mais comme tout être Humain, ont commet des erreurs et  les votre son pardonner ou que vous soyer.
Nous nous rappelons très bien de sa petite taille qu’il a su faire imposer dans l’Europe et le continent Africain et son sans complexe de taille devant des hommes comme Degaul et Chirac en France et Douif et Wade au Sénégal sans vouloir tous les cité .reconnaissons également la place politique et la confiance dont jouis le Gabon grâce a sa géo politique et ses Multiples réseaux diplomatique et amical dont il a su partager pour mener a bien les activités du pays.

Nous ne manquerons pas de reconnaître combien de fois il c’est battu pour préserver la stabilité et la paix social dont il a héritier de feu président leon Mba.

Nous remarquons et réalisons sont absence sur le territoire ce qui a valu une fois de plus se rappel en signe de reconnaissance.

Ou que tu soi repose en paix et veille sur ton peuple, car ce peuple ta choisi pour que même sous terre tu reste leurs président de cœur. 

 

Robert Nesta Marley dit BOB Marley

11 mai, 2014
artiste, culture, histoire, information sur les activités des jeunes penseurs | Pas de réponses »

bobmSuperstar du Reggae et prophète rasta, Bob Marley reste une des principales icônes du monde contemporain. Disparu prématurément en 1980, il a transformé un style issu de la musique populaire jamaïcaine en un mouvement majeur.
Phénomène plutôt rare, Bob Marley est à la fois adulé du grand public, qui découvrit le reggae avec lui, et des connaisseurs les plus exigeants. Retour sur la vie et l’œuvre du Duppy conqueror.


L’enfance d’un chef

« Them belly full but we hungry/ A hungry mob is an angry mob/A rain a fall but the dirt is tough/ A pot a cook but the food no’ nough« . ‘Them belly full

Robert Nesta Marley naît le 6 février 1945 à St-Ann, dans la paroisse de Nine Miles. Fils d’un capitaine blanc de la marine parti une fois son forfait commis et d’une paysanne jamaïcaine noire, il découvre la difficulté d’être métisse, pris entre deux mondes qui s’ignorent. Adolescent, il quitte la campagne pour Kingston, comme beaucoup de jamaïcains que la misère poussent vers les villes. Pourtant, le travail y est rare et Bob vit à Trenchtown, sordide ghetto où se concentrent la pauvreté, le crime et la crasse, dans une promiscuité bien peu poétique au premier abord. Là, il rencontre Bunny Livingston, puis Peter Mackintosh, comme lui passionnés de musique. Peter joue un peu de guitare et les trois amis chantent les tubes de Rythm’n'Blues entendus sur les radios de Miami.

Bob Marley enregistra son premier morceau, Judge not, à 16 ans, en 1961. Une industrie musicale commençait à se développer à Kingston, de façon désordonnée. Le taux de chômage était alors de 35 %. Il venait de laisser tomber son job de soudeur. Judge Not passe inaperçu mais Bob persiste. En 1964, il forme les Wailing Wailers

- Les wailing wailers en 1964/65 -

avec Peter Tosh et Bunny Wailer. Bientôt, ils signent un contrat avec le Studio One, le label de Clement « Coxsone » Dodd. Leur premier titre, Simmer Down, sera le tube de 1961 en Jamaïque. Devenus les Wailers, ils travaillent avec Leslie Kong, puis avec Lee « Scratch » Perry. A chaque fois la collaboration est fructueuse sur le plan artistique mais décevante sur le plan financier. En Jamaïque, les droits d’auteurs ne signifient pas grand chose, et même les chanteurs à succès ne parviennent pas, alors, à vivre de leur production. Les Wailers ne perçoivent que très peu d’argent tout en étant d’énormes vedettes locales. Cheveux courts, costumes chics, les Wailers jouent du ska et du Rock Steady. La compétition, alors, est rude. Pour beaucoup de jeunes du ghetto, la musique constitue un espoir de sortir de la misère. En 1971, la chanson Trenchtown Rock cartonne dans toute l’île.

 

See Rasta

Jusqu’en 66, d’ailleurs, la musique de Bob Marley reposait encore pour une très large part sur cette glorification du style de vie urbain des voyous jamaïcains. De Rude boy à Steppin’ razor, l’hymne des caïds de Kingston chanté par Peter Tosh, en passant par Rule them ruddy ou I’m the toughest (aussi chanté par Peter, et repris par une foultitude d’artistes, dont Johnny Clarke et I-Roy), le jeune Marley assumait le style ‘rocker’ pour épater la galerie. Il faut attendre sa rencontre avec Mortimo Planno, figure tutélaire du mouvement rasta à Kingston, pour que Bob se laisse pousser les dreads et laisse tomber les bracelets cloutés. Peu après, Vernon Carrington – « Gad the prophet » pour les Rastas et fondateur de l’Eglise des 12 tribus d’Israël – poursuivit l’éducation spirituelle de Bob Marley, bien que la star se défendra plus tard d’avoir eu besoin de quiconque pour trouver sa voie (c’est bien naturel) :

« You have to look inside yourself to see rasta. Every Black is a rasta, dem only have to look inside themselves. No one had to tell me. Jah told me himself. I and I look inside I self and I saw Jah Rastafari ».

Gad révéla donc à Bob le secret des 12 tribus d’Israël, selon lequel chaque personne appartient à une de ces tribus en fonction de son mois de naissance. Pour Bob, c’est clair, il est né en février, donc il appartient à la tribu de Joseph. D’ailleurs, dans Redemption song, Bob se présente comme la réincarnation de Joseph, fils de Jacob : « but my hand was strenghtened by the hand of the almighty« .

A la fin des années 60, les Wailers devinrent le premier groupe jamaïcain populaire à faire de la philosophie et des rythmes rastas le fondement de leur musique. Les Wailers avaient accompli un chemin musical et spirituel d’envergure, donnant naissance à un mouvement culturel original et infléchissant l’évolution du reggae comme aucun autre artiste. Depuis un titre comme Simmer down, (1964, morceau écrit par Bob Marley et enregistré au Studio One) où le jeune Bob Marley s’époumone sur un beat très ska avec un chorus reprenant le refrain, le groupe a imprimé une marque indélébile à cette musique.

« I and I are of the house of David. Our home is Timbuktu, Ethiopia, Africa, where we enjoyed a rich civilization long before the coming of the Europeans. Marcus Garvey said that a people without knowledge of their past is like a tree without roots« .

Bientôt, la plupart des stars du reggae devinrent rastas et, en retour, le reggae devint le principal vecteur d’expression de la culture rasta et de ses revendications. Des chanteurs comme Marley devinrent plus que des amuseurs. Ils étaient des révolutionnaires (revolutionnary workers) et des représentants des pauvres de Kingston, chez qui leur message arrivait par la radio, comme dans tous les foyers de l’île.

« Them belly full but we hungry/ A hungry mob is an angry mob/ A rain a fall but the dirt is tough/ A pot a cook but the food no’ nough« .

Par ces mots simples chantés avec une voix squelettique, Marley diffusa au sein du peuple jamaïcain des éléments de conscience politique. Il s’en prit au système raciste (skinocratic system) de la Jamaïque, qui plaçait les blancs en haut de l’échelle sociale, les mulâtres au milieu et les noirs en bas. Dans Crazy baldhead, il chante :

« Didn’t my people before me/ Slave for this country/ Now you look me with a scorn/ Then you eat up all my corn« .

En 1967, Marley cessa d’enregistrer, quitta Kingston et retourna dans sonis (12) village natal de St. Ann mountain. Dans ces collines, il conclut son engagement envers Jah Rastafari, donnant une inclinaison définitive à sa vie, à sa musique et au mouvement rasta lui-même. Pendant un an, Bob adopta le style de vie rasta. Lorsqu’il revint à Kingston à la fin de 68, il s’engagea dans le combat musical grâce auquel il demeure célèbre. Ironie du sort, Marley s’était isolé au moment où le monde changeait, où la jeunesse exprimait son ras-le-bol et son désir de nouveauté, comme si cet isolement avait été nécessaire, au milieu de la fureur, pour venir proposer aux masses occidentales une nouvelle spiritualité.

Les premières chansons à connotation religieuse de Bob Marley parurent en 1968. Il s’agit de Selassie I is the temple, Duppy conquerorSmall axeet Trench town rock.

Pour Marley comme pour de nombreux rastas, les noirs sont une tribu perdue d’Israël. Ils se considèrent comme les véritables Hébreux et tiennent les occupants actuels d’Israël pour des imposteurs.

Bien que certains rasta extrémistes (secte Nyabinghi) considèrent qu’il faut tuer l’oppresseur blanc, tous les rastas refusent de porter les armes. Comme l’explique Bongo-U, un guérisseur rasta de Montego Bay, « La violence est laissée à Jah. Seul Dieu a le droit de détruire« . Les Rastas croient à la force spirituelle et au pouvoir des éléments : tremblement de terre, le tonnerre, l’éclair. Selon le précepte biblique, les Rastas s’interdisent de manger lorsque d’autres meurent de faim. Ils vivent en communauté, partageant leurs biens et s’échangeant des services.

is (10)Au milieu des années 60, lorsque la violence connut de nouvelles flambées dans les ghettos de Kingston Ouest, la police et le gouvernement s’en prirent aux Rastas, brûlant leurs maisons et les mettant à la rue. Au plus fort de la répression, les forces de police détruisirent le quartier de Black o’ wall, un endroit du bidonville où vivaient de nombreux rastas, dans des cabanes faites de bois et de tôle. A l’aube, alors que la population dormait, les policiers arrivèrent à la tête d’un convoi de bulldozers pour raser l’endroit. Dans la panique, beaucoup de femmes, d’enfants et d’hommes furent blessés et nombreux furent arrêtés. Ces épisodes inspirèrent un grand nombre de reggaemen, qui trouvaient là matière à actualiser leur combat contre l’oppression, contre l’injustice et contre Babylone, ancrant le reggae dans une réalité politique, géographique et sociale particulièrement passionnée.

Naturellement, la répression dont était victime le mouvement rasta, loin de l’affaiblir, renforçait sa popularité. Ses effectifs continuèrent d’augmenter tandis que le style rasta imprégnait désormais toute la société jamaïcaine. A l’étroit dans les villes, les Rastas historiques encouragèrent bientôt les jeunes à développer des communautés à la campagne, loin du « shitstem » (= système de merde). Les Rastas ont une culture de l’autonomie, fondée sur la pêche, la culture et l’artisanat. Cet appel à déserter Babylone se traduisit par une profusion artistique, les peintres, les sculpteurs sur bois et tous les autres Rastas doués d’un quelconque talent se mettant à transformer de nombreux endroits de l’île – à commencer par Kingston – en un lieu d’exposition et de méditation autour d’objets et de compositions de toutes sortes. Ce dynamisme culturel attire aujourd’hui un grand nombre de touristes sur l’île. Néanmoins, le principal impact de ce mouvement concerne le reggae, vers lequel affluèrent un grand nombre de jeunes désœuvrés, auparavant engagés dans des bandes et cherchant désormais à gagner leur vie et à développer leur talent dans la musique. Un type comme Dillinger est représentatif de cette mouvance des « rude boys » transformés en reggaeman – certes survolté – par l’influence des communautés rastas.

En 72, durant les mois qui précédèrent les élections, le Premier Ministre is (7)Hugh Shearer, leader du Jamaican Labour Party, décide d’interdire la diffusion des chansons rastas à la radio. Ces efforts étaient dérisoires, le reggae étant partout dans l’île, un marché noir très animé s’étant même développé à l’occasion de cette interdiction. Le JLP fut d’ailleurs défait cette année là, tandis que Michael Manley, leader du People’s National Party, devenait Premier Ministre. Bien que Marley se défendait de faire de la politique (« Me no sing politics, me sing bout freedom »), il devint de facto une force électorale avec laquelle il fallait compter. Les deux camps eurent l’occasion de le récupérer (en le citant) ou de le poursuivre en justice.

Comme les Rastas sont en contact direct avec Dieu – ils lisent au moins un chapitre de la Bible chaque jour – ils n’ont pas besoin d’intermédiaires. De là le rejet de tous les systèmes, qu’ils soient politiques, commerciaux ou administratifs. De même, le mouvement ne peut pas avoir de clergé ni de leader.

 

Wailers inna Ingland

En 72, alors que les Wailers travaillent sur une musique de film pour Nash en Angleterre, celui-ci les laisse en plan, partant aux États-Unis pour la promo d’un de ses disques. Les Wailers sont au bout du rouleau : Peter et Bunny ne supportent plus la grisaille londonienne, et veulent rentrer au pays. Déprimés et fauchés, les Wailers sont au point de rupture, lorsque Bob décide d’aller voir Chris Blackwell, le patron d’Island, une toute jeune maison de disque. Fils d’une famille de planteurs jamaïcains, élevé sur l’île et fan de ses musiques populaires, Blackwell connaît évidemment les Wailers. Il les engage, leur concède une avance et se montre pressé d’entamer une collaboration prometteuse.

- Les Wailers au grand complet lors de leur réprésentation à la BBC en 1973 -

Bob Marley et les Wailers éditeront une dizaine d’albums chez Island. Tous furent disques d’or (500 000 albums vendus) en Europe et au Canada. Deux furent disques d’or aux États-Unis (Rastaman Vibration et Uprising).

 

Bob s’en va prématurément

« There’s a natural mystic flowing through the air/ If you listen carefully now you will hear/ This could be the first trumpet, might as well be the last … »
Natural mystic

A la fin des années 70, Bob apprend qu’il est malade. Atteint d’un cancer, il sait qu’il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Il décide de poursuivre son œuvre, soucieux d’exploiter au mieux le laps de temps dont il dispose, pour aider ceux qu’il a toujours défendus.

En 78, la délégation sénégalaise aux Nations-Unies attribua à Bob Marley la médaille de la paix dans le tiers-monde (Third World peace medal) en remerciement de son influence en tant qu’artiste au service de la révolution. Pour le Zimbabwe, Marley organisa un concert au Boston’ Harvard Stadium afin de récolter des fonds pour la nouvelle Nation.

Lorsqu’il rentre d’Harare, où les Wailers viennent de donner un concert en l’honneur de l’indépendance du Zimbabwe, le 18 avril 1980, Bob sait qu’il est en phase terminale. Il travaille comme un lion pour mettre au point le journal de Tuff Gong, son studio d’enregistrement. Il le baptisa Survival et, malgré l’approche mystique et les passages consignant « les enseignements de Sa Majesté », le journal de Marley faisait l’effort de toucher les jeunes. Bob Marley termina sa vie en prenant soin d’aider durablement les causes pour lesquelles il avait lutté. Il céda les droits d’auteur de certaines chansons à une Fondation dont l’objectif était d’aider les enfants du ghetto à s’alimenter correctement (the Hunger project). Il laissa aussi un Testament en faveur de la cause africaine :

« I and I made our contribution to the freedom of Zimbabwe. When we say Natty going to dub it up in a Zimbabwe, that’s exactly what we mean,  » give the people what they want  » Now they got what they want do they want more ?  » Yes « , the Freedom of South Africa. So Africa unite, unite, unite. You’re so right and let’s do it.« 

En septembre 80, Bob Marley donne son dernier grand concert au Madison Square Garden de New-York, devant 20 000 personnes. Le jour suivant, il est pris d’un malaise alors qu’il court un jogging dans Central Park. Quelques jours après, il a un nouveau malaise, cette fois lors d’un concert, à Pittsburgh, au cours de ce qui devait s’avérer être son dernier show. Bob lutta plusieurs mois contre la maladie, un cancer du cerveau, dans la clinique du Dr. Joseph Issel, en RFA. Il mourut le 11 mai 1981 à Miami, au cours d’une escale alors qu’il rejoignait la Jamaïque pour y vivre ses derniers instants. Il avait 36 ans. Il fut enterré dans un caveau à St. Ann, près de la maison familiale, par sa femme, Rita, qui l’embauma comme les Égyptiens et les Africains le faisaient pour leurs rois.

- Dernière photo de groupe prise dans un ascenceur lors de la tournée américaine de 1980 -

Sa mort fut ponctuée de célébrations divers. Le mercredi 20 mai fut un jour de deuil national. Une cérémonie officielle eut lieu au Stade national, en présence de Sir Florizel Glasspole, le gouverneur général, de Michael Manley, le leader de l’opposition, et d’Edward Seaga, le premier ministre. Ce dernier annonça l’érection d’une statue en l’honneur de Bob Marley, la première du genre, dans le Jamaica Park. Il conclut en disant « May his soul find contentment in the achievment of his life and rejoice in the embrace of Jah Rastafari ». A ce moment, les milliers de Rastas venus rendre un dernier hommage à leur prophète acclamèrent Jah en reprenant en chœur « Rastafari ! Rastafari ! ». Dans la mort, la société officielle reconnaissait finalement Marley et son Dieu.

Agacés par cette forme de récupération, les Wailers poussèrent les barrières de police, prirent le cercueil dans lequel reposait Bob Marley et l’embarquèrent sur une camionnette. Ils partirent, suivis par un cortège incroyable, fait de bus, de voitures, de motos, de vélos et de gens courant derrière cette procession motorisée qui s’enfonçait dans le cœur de la Jamaïque, en direction des montagnes natales de Bob. Edward Seaga, décidé à ne pas se laisser écarter de l’événement, se fit transporter par hélicoptère jusqu’au temple qui devait accueillir la dépouille. Ce faisant, il arriva avant tout le monde, évitant le trajet sous le soleil, au milieu de la foule. La cérémonie eut lieu dans le plus grand désordre, une foule de plus de 10 000 personnes priant et chantant pour le départ du Dieu du reggae, tandis que les forces de police, à cheval, faisaient mine de vouloir ramener un ordre que personne n’entendait troubler.

 

Quelques événements devenus historiques

- 5 décembre 1976 : La tentative d’assassinat de Bob Marley en plein concert ne l’empêche pas de conclure sa performance mais le contraint à l’exil

- Bob à l'hopital après la tentative d'assassinat du 3 décembre 1976 -

«  I have to run like a fugitive to save the life I live  »
Iron Lion Zion

Cet événement historique témoigne de la violence endémique qui règne en Jamaïque et qui conditionne le contexte social, politique et culturel dans lequel le reggae s’est développé.

Bob avait accepté de participer au Smile Jamaica concert, programmé au National Heroes Park de Kingston le 5 décembre 1976. Bien qu’il se défende de faire de la politique, Le concert apparaît clairement comme un soutien de Bob au gouvernement de l’époque, dirigé par Michael Manley, le leader du parti de gauche, le PNPN.

- Le "Smile Jamaica Concert" eu lieu le 5 décembre 1976 pour promouvoir la paix en Jamaïque -

L’affiche du concert ‘Smile Jamaica’ contenait d’ailleurs la mention suivante : ‘Concert presented by Bob Marley in association with the Cultural Department of the Government of Jamaica’. Bob reçut des menaces de mort de la part des hommes de main du JLP, le parti de droite, convaincu que cette publicité fait à leurs adversaires politiques leur permettrait de gagner les élections à venir.

Quelques jours avant le concert, Bob et sa famille sont victimes d’une tentative d’assassinat à leur domicile, au 56 Hope Road. Un homme armé débarqua et se mit à tirer sur les personnes présentes. Don Taylor, le manager des Wailers, reçut quatre balles. Rita Marley fut également blessée de plusieurs balles. Bob, lui, fut touché à la poitrine et au bras gauche. Lewis Griffith, un ami de Bob, fut également blessé, assez sévèrement. Heureusement, personne ne fut tué cette nuit là. Choqué, tous se réfugièrent dans les montagnes au-dessus de Kingston, pour se mettre à l’abri. A ce moment, les Wailers ne savent plus s’ils doivent participer au concert.

Lorsque le moment de jouer arrive, c’est le groupe Third World qui débute le concert, Bob, Bunny et Peter étant absents. Burning Spear, également inscrit au programme, n’est pas là non plus. Attirée par l’affiche, plus de cinquante mille personnes s’amassent pourtant sur le lieu de l’événement. Finalement convaincu de venir par talkie-walkie – il peut entendre la foule réclamer sa venue – Bob descend à Kingston escorté par la police, dans une Volvo rouge où Bunny et Peter ont également pris place. Prévenue de l’arrivée imminente des Wailers, la foule de Heroes’s Park exulta, donna à l’instant une profonde intensité.

Lorsque Bob arriva sur scène, il s’adressa au public pour affirmer sa neutralité et apaiser les conflits latents.

« When me decided ta do dis yere concert two anna ‘alf months ago, me was told dere was no politics. I jus’ wanted ta play fe da love of da people.

Affaibli, incapable de tenir sa Gibson à cause de sa blessure, Bob annonça qu’il ne jouerait qu’une chanson. Sur ce, il entama un set époustouflant de 90 minutes, ouvert avec War. Heureux, victorieux et rigolard, Bob quitta la scène en mimant un cow-boy en plein duel, exhibant sa blessure puis partant dans une danse africaine. Après ce succès, Bob s’envola pour Londres, où il devait séjourner 18 mois, à l’abri des violences de la Jamaïque.

-22 avril 1978 : One love Peace Concert à Kingston : Bob réconcilie pour quelques heures les factions politiciennes qui déchirent la Jamaïque

- Bob réunit les mains des 2 rivaux politiques lors du "One Love Peace Concert" le 22 avril 1978 -

«  Emancipate yourself from mental slavery/ None but ourselves can free our minds …  »
Songs of freedom

Cet événement marque le retour triomphant de Bob Marley en Jamaïque après l’exil auquel l’avait forcé la tentative d’assassinat dont il avait été la victime. Au-delà de ces retrouvailles entre le dieu du reggae et ses fans, le concert est une date historique car elle marque la réconciliation, au moins symbolique, entre le Premier Ministre Michael Manley et le leader de l’opposition, Edward Seaga. Leur rivalité avait conduit l’île au bord de la guerre civile, les membres de chaque camp s’opposant de façon violente dans les rues de Kingston et des autres villes de l’île. Seul Bob Marley était en mesure d’initier un tel rapprochement. Par son charisme, il permet au peuple jamaïcain de retrouver un semblant de paix.

Au début de 1978, deux sujets de conversations occupaient les Jamaïcains. Le premier était la pénurie de produits alimentaires, orchestrée par les Etats-Unis pour déstabiliser le gouvernement de Michael Manley. Le second concernait l’imminent retour sur l’île de Bob Marley après son exil volontaire aux Etats-Unis.

Les deux partis du pays, le PNP (People’s National Party) et le parti de droite, le JLP (Jamaican Labour Party) avaient constitué des groupes armés pour porter dans la rue leur opposition idéologique. Les deux groupes recrutaient des hommes de main dans le ghetto, où les voyous étaient prêts à tout contre quelques dollars. Certains leaders, comme Claudie Massop pour le JLP ou Bucky Marshall pour le PNP, commencèrent même à acquérir un statut de superstar.

L’avion de Bob arriva à Kingston (aéroport Palisadoes/Norman Manley) le 26 février 1978. Dès cet instant, Bob Marley savait que son retour n’avait de sens que s’il parvenait à mettre fin à l’escalade de la violence, qui divisait l’île et effrayait ses habitants. Heureusement, le rapprochement avait été initié un peu plus tôt à Londres, début février. Lors d’un tournage vidéo, Bob avait été approché par des miliciens des deux camps, venus lui demander s’il accepterait de participer à un show, le « One Love Peace Concert », dont l’objectif était de mettre fin aux rivalités meurtrières.

Le concert connut un succès qui dépassa toutes les espérances, d’autant que les médias saisirent l’occasion pour se pencher sur la situation politique de l’île. Toutes les stars du reggae étaient présentes, dont Jacob Miller, Inner Circle, The Mighty Diamonds, Trinity, Dennis Brown, Culture, Dillinger, Big Youth et Ras Michael and The Sons of Negus. Pour marquer le coup, les Wailers décidèrent de sortir un album dédié à l’occasion, Kaya.

Pendant le concert, Bob Marley harangua Michael Manley et Edward Seaga, leur reprochant de persécuter les rastas pour leur amour de l’herbe. Il alluma un joint sur scène, puis leur demanda de le rejoindre pour se serrer la main, montrant par leur exemple que le combat politique devait rester un dialogue entre frères :

« To make everything come true, we’ve got to be together, yeah, yeah. And to the spirit of the most high, His Imperial Majesty Emperor Haile Selassie I, run lightning, leading the people of the slaves to shake hands. . . To show the people that you love them right, to show the people that you gonna unite, show the people that you’re over bright, show the people that everything is all right.
Watch, watch, watch, what you’re doing, because . . . I’m not so good at talking but I hope you understand what I’m trying to say. I’m trying to say, could we have, could we have, up here onstage here the presence of Mr. Michael Manley and Mr. Edward Seaga. I just want to shake hands and show the people that we’re gonna unite . . . we’re gonna unite . . . we’ve got to unite . . . The moon is high over my head, and I give my love instead. The moon is high over my head, and I give my love instead.
« 

Pour donner plus de force à cette réconciliation symbolique, Bob exhorta la jeunesse jamaïcaine à travailler pour la paix.

« Yes, the Peace, is really the Youth of Jamaica started it really. Asked me to help and get it together, y’know, knowing that I was one of the victims during the time of the politics. This peace work, it don’t stop … it never stop … We know it never stop. That mean, we the youth got a work to do.« 

-18 avril 1980 : Bob Marley fête l’indépendance du Zimbabwe

« Every man gotta right to decide his own destiny »
Zimbabwe

is (9)Le 17 avril 1980, Bob Marley joue à Harare, au Rufaro Stadium, à l’occasion des festivités qui marquent l’indépendance du pays. Il avait été invité par le gouvernement nouvellement élu, notamment en raison du soutien apporté à la ZANLA au travers de sa chanson Zimbabwe.

Personne n’avait songé à indiquer aux Wailers le cadre dans lequel ils allaient jouer : le show était programmé à la suite des cérémonies d’indépendance et pour un parterre exclusif de personnalités internationales, dont Robert Mugabe, le nouveau Premier Ministre, le Prince Charles et Indira Gandhi. En tout, 104 chefs d’Etat ou représentants assistaient à ce spectacle. De fait, les Wailers furent un peu pris par surprise, n’étant pas prêts lorsque le speaker annonça leur show, juste après la fin de la cérémonie d’indépendance.

En définitive, les premiers mots prononcés dans le Zimbabwe indépendant, alors que le nouveau drapeau était à peine hissé sur le mat furent

« Ladies and gentlemen, Bob Marley and the Wailers !« .

Bob cria « Viva Zimbabwe ! », et le show s’ouvrit sur Positive vibrations, avant de se poursuivre par Them belly full. Alors que Marley entamait I shot the sheriff, un chahut impressionnant commença : la foule amassée dehors, à la fois excitée et furieuse d’être tenue à l’écart de l’événement, se mit à s’agiter et cassa les portes du stade, provoquant un désordre inattendu. Les forces de l’ordre intervinrent pour stopper le concert. La police blanche de l’ex-Rhodesie balança des gaz lacrymogènes sur la foule noire amassée en dehors du stade. Les rythmes joués par Familyman, le bassiste des Wailers, faisaient monter la pression. L’ordre ne revint que lorsque les guérilleros de la ZANLA (Zimbabwe African National Liberation Army) traversèrent le stade le poing levé, assurant les personnes présentes que la police ne pouvait pas mettre fin aux célébrations.

Bob Marley revint sur scène après un quart d’heure d’interruption, en criant « Freedom ! ». Un speaker anglais, d’une voix pincée, lui annonça par haut-parleur « Bob Marley, you have exactly two minutes left ». Marley répondit par la provocation en entamant War, hymne à la paix et à la libération de l’Afrique, morceau d’anthologie créé par la mise en musique du discours prononcé par Heilé Sélassié devant les nations unies.

« Until the ignoble and unhappy regimes/ That now hold our brothers/ In Angola/ In Mozambique/ South Africa/ In subhuman bondage/ Have been toppled/ Utterly destroyed/ Everywhere is war »
War

Robert Nesta Marley dit BOB Marley dans artiste lion1

Certains spectateurs se joignirent à Bob Marley pour chanter et danser avec lui sur scène, reprenant en chœur un refrain adressé aux voisins sud-africains, où l’apartheid demeurait : « there will be war until South Africa is free« . Les scènes d’allégresse se poursuivirent, la foule étant désormais rassurée sur son avenir. La fête devenait une façon de montrer aux racistes blancs qu’un pays nouveau se construisait et que, contrairement à ce qui avait été dit, les noirs de Rhodésie ne devraient pas attendre 2035 pour prendre leur destin en main. L’atmosphère resta surréaliste. Neville Garrick, l’ingénieur rasta qui assurait la production des concerts des Wailers, avaient orienté son impressionnant dispositif de façon à pouvoir faire entendre la musique à la foule restée en dehors du stade, dans des conditions plus que satisfaisantes. Pour cela, plus de 40 ensembles de baffles, tweeters, mixers et jeux de lumières avaient été mobilisés. Ce n’était pas le convoi de semi-remorques qui suit aujourd’hui le Rolling Stones circus mais, pour l’époque et pour le lieu, l’effort était considérable. Le résultat était à la hauteur : la puissance sourde et lourde de la batterie s’entendait dans le ciel africain de la capitale libérée tandis que l’énergie, la force spirituelle, l’histoire et l’émotion du reggae se diffusaient autour du stade. Aussi, lorsque Marley gémit « we don’t need more trouble » (War), l’atmosphere devint plus calme.

Les deux dernières minutes concédées par le colonisateur sur le départ étaient quinze, les Wailers chantèrent « Africans a liberate Zimbabwe ». La foule reprit le refrain et Bob conclut son show en appelant à l’unité pan-africaine, composante essentielle du message rasta.

Bob réédita l’expérience le lendemain, offrant un concert gratuit à 100 000 personnes, les pauvres, les chômeurs et les ouvriers qui n’avaient pas pu assister aux célébrations depuis les gradins du stade. Les Wailers furent particulièrement bons, jouant avec une énergie proche de l’extase, bien que Bob Marley parut un ton en dessous de sa forme habituelle, sans doute un peu dépité par les gaz lacrymo de la veille et affaibli par la maladie. Pour lui, un nouveau combat débutait.

Les Wailers passèrent une semaine au Zimbabwe, se comportant en véritables ambassadeurs de la Nation Rasta. Il »ovganiisèrent des matches de foot amicaux, rencontrèrent le Président Canaan Banana et les guérilleros dans leurs camps.

Actualité:il est mort en laissent les politiques dite democrate un exemple de combat politique,une image de l’homme intégre et une vision emergente pour les peuples Africains

6 décembre, 2013
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Nelson Mandela, premier président noir d’Afrique du Sud élu en 1994 et héros de la lutte anti-apartheid, après vingt-sept ans de détention, le prix Nobel de la paix s’est éteint jeudi 5 décembre, à 95 ans. Bâtisseur d’une nouvelle Afrique du Sud, symbole de non-violence, l’ancien président sud-africain était l’un des hommes les plus admirés de notre époque

L’Afrique a perdu une légende tout comme le monde,

Nous en sommes fière d’un combat mener avec au tend de motivation bien que les missions confier pour la continuité non pas été mis en pratique par les successeurs pour une liberté d’expression, pour l’égalité entre les populations et un partage équitables entre toutes les classes social; l’Afrique à perdu un homme, une image hunblematique et une tête pensante,

Nous sommes de tout cœurs et compatissons avec le peuple sud Africain ainsi que la famille Mandela, nous venons par cette page de la jeunesse consciente de vos actions et votre vision réaffirmer notre attachement et notre fidélité ou que vous soyez pour le simple fait que sont combat a bien us des causes et raisons, pour les actions concrète et démocratique mener toute sa vie d’homme d’unité et de fraternité.

 

Qui est ce, ou alors qui était léon mba minko?

12 avril, 2013
culture | Pas de réponses »

Qui est ce, ou alors qui était léon mba minko? dans culture 67840_621265141221549_453461421_nLéon Mba Minko, avait vu le jour le 9 février 1902 à Libreville au village Keleré, à l’endroit actuel où se trouve son mausolée près de l’hôpital généralest c’est un homme d’État gabonais, premier président de la République de 1961 à 1967.

Personnage complexe, Léon Mba est un homme aux multiples facettes.

.. Il appartenait à une famille d’évolués et chrétienne: son père, Isidore Minko mi Edang était un petit gérant de commerce et sa mère Louise Bendome était une couturière Entre 1902 et 1924, Léon Mba avait connu une jeunesse paisible grâce à ses parents et son frère aîné Jean Obame, un prêtre catholique ordonné le 4 mai 1919 et mort en 1934 . Sur les traces de Jean Obame, il avait fréquenté l’école de la Mission catholique à partir de 1909 jusqu’à l’obtention du brevet élémentaire. Ce diplôme lui avait permis d’être engagé par l’administration coloniale comme cadre indigène. Léon Mba avait donc eu une scolarité linéaire, rapidement interrompue pour des besoins de survie car à l’âge de 22 ans, en 1924, il était devenu chef de canton (membre de la chefferie administrative).

C’est entre 1924 et 1931 que Léon Mba avait expérimenté la rigueur du pouvoir. Pendant cette période il a de nombreux démêlés avec les chefs traditionnels et avec les missionnaires. Cette expérience de chef se termine mal puisqu’il est condamné à l’exil en Oubangui Chari. Devenu chef de canton en 1924 en remplacement de Ndongo   , Léon Mba avait été une exception car l’administration avait l’habitude de choisir ses chefs parmi les hommes mûrs. Mais l’exercice de son pouvoir avait fait des mécontents.

D’abord les chefs traditionnels Fang qui l’accusaient de négliger leurs conseils. Mais Léon Mba s’affirmait surtout comme le leader des jeunes intellectuels, et il se distinguait par la dureté de son commandement: « ayant pour mission de faire respecter l’ordre public et défendre l’intérêt général », comme le lui demandait l’administration.

Il précisait qu’il « […] ne souffre pas qu’on transgresse les ordres reçus de l’autorité que je représente ». Cette expérience de chef administratif indigène lui avait permis de développer et de mettre par écrit en 1938, le Droit coutumier Fang sous forme d’Essai  .Dans l’exercice de sa fonction de chef de canton, il était amené à instruire certaines affaires relevant du droit coutumier c’est à dire les conflits civils du premier degré. Sa forte personnalité, son intelligence de la négociation faisait autorité. A travers cet Essai, Léon Mba voulait faire un document qui auarit la même importance que le code civil français dans son groupe ethnique. Le document trahissait les ambitions normatives de Léon Mba de faire de l’indigène fang un égal de l’homme blanc. Il s’était inspiré du droit canon et du code Napoléon.

Sa perspicacité et sa sagacité se retournèrent contre lui au moment où il pensait devenir un chef incontestable. Il entra en conflit simultanément avec l’administration et les missionnaires, car il devenait incontrôlable.  Entre 1920 et 1930 Léon Mba avait accumulé un passif considérable au point d’être devenu suspect. Mais l’administration n’avait pas de motif valable pour se débarrasser de lui. La hiérarchie catholique aussi était inquiète car elle avait perdu tout contrôle sur son ancien élève.

Léon Mba entretenait des liens avec la Ligue des droits de l’Homme de Libreville fondée en 1918 par Jean Baptiste Ndendé. Il collaborait avec les rédacteurs du Journal Echos gabonais , fondé à Dakar par deux évolués gabonais Laurent Antchouey et Louis Bigman, entre 1922 et 1924. Les missionnaires le soupçonnaient, dans le même temps, de forger des liens solides avec les francs-maçons de la colonie  . Son appartenance à la Franc-maçonnerie est affirmée par le témoignage de Louis Sanmarco.

‘« S’il était devenu maçon tout en suivant les règles de la société traditionnelle du Mbouiti, c’était à la fois parce qu’il avait vu un moyen d’arriver (dans un cadre bien français) et parce que les hommes d’affaires français qui l’avaient initié voyaient un homme plus ouvert à leurs intérêts »   

Léon Mba cherchait le pouvoir et entendait l’exercer avec passion et rigueur. Les administrés étaient les premiers à s’en plaindre. Ceux qui n’arrivaient pas à se faire entendre auprès de Léon Mba ou de l’administration se tournaient vers les missionnaires.

C’est le cas en 1929 de Jean Marie Essiane, un catéchiste, employé des douanes qui était allé voir le Père Defranould, supérieur de la mission Sainte Marie pour intervenir en sa faveur auprès du maire européen de Libreville, chef hiérarchique, qui devait convoquer Léon Mba pour s’expliquer sur son attitude négative contre Jean Marie qu’il empêchait d’exercer son ministère de catéchiste.

Le maire adressa une convocation à Léon Mba. Mais ce dernier, avant de s’exécuter, avait tenu aussi à répondre par écrit au Père Defranould. Une lettre sulfureuse , dans laquelle Léon Mba, tout en rappelant les faits sur la plainte, précisa qu’il n’avait pas peur, qu’il était prêt à s’expliquer devant le maire même s’il acceptait un arrangement à l’amiable.

Léon Mba, dans cette lettre, critiquait l’attitude du « Père et juge » l’Eglise catholique. Rappelant qu’il avait facilité l’entrée à la douane de Jean Marie Essiane, Léon Mba s’en prebait à l’Eglise qui défendait Jean Marie et regrettait que les missionnaires, aveuglés, ne voient pas ses efforts pour la réussite des missions, notamment ses interventions pour faciliter l’intégration des missionnaires nouvellement arrivés au Gabon, le versement du denier du culte et les cotisations pour la construction des écoles. Léon Mba menaça de porter plainte car il était peu accoutumé à ce genre de pression. Il ajoutait qu’il préférait avoir affaire au maire, aux sénateurs, aux députés, qui s’adressaient à lui en des termes plus simples.

‘« Même si j’ai été élevé à la mission, mais enfin! (Sic) je suis devenu un homme et j’occupe une situation dans l’élite indigène. Je mérite tout de même une considération sinon totale, du moins partielle. On peut être noir et ce n(est pas un crime, on peut être un pahouin (fang) et savoir son droit. Je vous dois de la reconnaissance et non l’obéissance » ’                        

Il promit néanmoins d’infomrer son frère aîné l’abbé Jean Obame. Mais il ajoutait qu’il regrettait que le sein de sa regrettée mère, Louise Bedome, ait pu donner naisance à un abbé dont les collègues lui portaient préjudice. Cette lettre confirme la rupture entre Léon Mba et les missionnaires. Certains abbés indigènes tentère de réconcilier Léon Mba avec la Mission catholique mais sans succès.

L’abbé Jérôme Mba (ordonné le 18 août 1923), interpella aussi Léon Mba sur ses agissements et lui demanda des comptes à propos d’un jeune homme qu’il voulait frapper alors qu’il apportait une lettre rédigée par l’abbé. Léon Mba expliqua que le jeune lui avait répondu de manière insolente comme s’il avait été préparé pour le faire .

Adepte d’une religion traditionnelle, le Bwiti, entre 1920 et 1930, Léon Mba fut accusé de cannibalisme par l’administration et par les missionnaires. Les missionnaires craignaient la montée de cette religion traditionnelle. Les colons du Gabon et les missionnaires avaient une vision négative de ce culte car, estimaient-ils, les adeptes étaient empoisonnés par une drogue rituelle iboga  Des sacrifices humains seraient également pratiqués par les adeptes. Mais jusqu’à ce jour les preuves formelles n’ont jamais été apportées et les pratiquants de cette religion s’en défendent .

L’administration et les missionnaires accusaient Léon Mba d’encourager cette religion soupçonnée de cannibalisme dans son canton. Ils reprirent une version populaire, plus exotique que fondée, faisant penser à à l’histoire rapportée par Paul Bélloni Du Chaillu   qui aurait vu un homme fang revenant du marché en portant un bras d’être humain sur son épaule. Léon Mba fut accusé en 1931 d’avoir assassiné une femme et d’avoir vendu son corps au marché. Nous pensons qu’il s’agit d’une confusion de la tradition orale avec le récit de Du Chaillu, mais les missionnaires s’étaient servis du récit pour briser l’influence de celui qui se voulait déjà défenseur des valeurs traditionnelles.

L’administration et les missionnaires contribuèrent activement à réduire le rayonnement de Léon Mba et à exploiter la rancœur de ses adversaires qu’ils obligèrent à porter plainte et venir témoigner contre lui lors du procès de 1931. Condamné à trois ans de prison puis à l’exil, il fut déporté en 1932 en Oubangui Chari, à Birao, puis Bambari.

Entre 1932 et 1945, c’est la traversée du désert pour Léon Mba qui en profita cependant pour changer son image auprès de l’administration et publier son Essai sur le droit coutumier pahouin en 1938. Entre temps son principal rival politique dans les années 1950, Jean Hilaire Aubame émergea.

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Gabon:Avec ou sans l’assemble national le solda est mort en guerre. les Gabonais digne et responsable lui rendent hommage au carrefour Rio!

29 octobre, 2011
culture, politique | Pas de réponses »

arton2401431728.jpg la dépouille mortelle de Pierre Mamboundou exposée au carrefour RioLa dépouille mortelle de l’opposant Pierre Mamboundou, leader de l’union du peuple gabonais (UPG, opposition) décédé le 15 octobre dernier à été exposé ce jeudi pour une dizaine de minutes au carrefour Rio, à Libreville et non à l’assemblée nationale comme le prévoyait le programme officiel des obsèques. La colère des militants qui protestaient contre une décision du gouvernement qui a interdit une manifestation de l’UPG au carrefour Rio serait à l’origine de l’incident.
Les parlementaires et les représentants du Corps diplomatique, qui s’apprêtaient ce matin à rendre un dernier hommage à Pierre Mamboundou ont été déçus. Ils n’ont pas vu la dépouille du député de Ndéndé. Après la messe de requiem à la cathédrale Sainte-Marie, le corps de l’opposant a été conduit directement au carrefour Rio par les militants, là même où le disparu a fait ses plus grands meetings au cours de sa carrière politique.

Après le carrefour Rio, la dépouille de celui qui fut président de l’UPG pendant plus de 20 ans, a été conduit au siège de son parti au quartier Awendjé, escorté par des centaines de militants et militantes, alors que les parlementaires se préparaient à s’incliner devant la dépouille de leurs collègues et amis.

Vendredi 28 octobre 2011, le corps du défunt sera accompagné à Mouila, dans la province de la Ngounié (sud), avant l’inhumation prévue pour samedi à Ndéndé, dans la stricte intimité familiale.

Réélu député de Ndéndé 2 fois, l’opposant Pierre Mamboundou, qui était considéré comme le chef de fil de l’opposition est sorti 2e lors des 3 dernières présidentielles du pays. Il n’a jamais occupé un poste ministériel au Gabon et a connu l’exil. En 2006 a passé à coté de la mort, lorsque l’armée a saccagé le siège de son parti, prétextant chercher les armes. A cette époque c’est André Mba Obame, passé dans l’opposition depuis la mort d’Omar Bongo Ondimba qui était ministre de l’intérieur et l’actuel président de la république ministre de la défense. C’est grâce au secours du diplomate sud-africain en poste à Libreville cette année là qu’il avait eu la vie sauve.

Gabon : Léon Mba, premier président de la République gabonaise

5 juillet, 2011
culture, politique | Pas de réponses »

leon mba Le premier président de la République gabonaise fut Léon M’Ba, le proscrit des Français. Paradoxalement, avant les élections présidentielles de 1964, un coup d’État militaire à son encontre put être contrôlé grâce à l’aide des troupes françaises. L’opposition obtint un bon résultat aux élections. Le président Léon M’Ba dirigea le pays jusqu’à sa mort survenue le 28 novembre 1967.
Le 2 décembre 1967, conformément aux dispositions constitutionnelles, sa succession revint au vice-président Albert Bernard Bongo. Il introduisit le système d’État d’un parti unique avec le Parti démocratique gabonais (PDG). Converti plus tard à l’islam, le président de la République prit le patronyme d’El Hadj Omar Bongo. Cette conversion marqua une réorientation de la politique étrangère du pays. En 1974, le Gabon devint membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) – d’où le Gabon s’est retiré en 1995 -, puis en 1979 intégra la Conférence islamique.

De 1987 à 1989, manifestations et émeutes se multiplièrent dans les villes, ce qui provoqua l’intervention militaire de la France. Le président Bongo dut alors ouvrir son pays au multipartisme en 1990, mais continua à pratiquer une politique autoritaire. En septembre et octobre 1990 ont lieu les premières élections multipartites.

Le PDG (Parti démocratique gabonais prit la première position avec 59 % des voix ; il fut suivi par le RNB (Rassemblement national des bûcherons avec 19 % et le PGP (Parti gabonais du progrès avec 18 %. Le 26 mars 1991, la Loi relative à la nouvelle Constitution de la République gabonaise fut adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale.

Les Gabonais connurent leurs premières élections présidentielles en 1993, qui ramenèrent le président Omar Bongo au pouvoir. Cette élection présidentielle n’apaisa guère l’opposition démocratique, qui accusa la présidence de fraude. Le père Paul M’Ba Abessolé, un candidat populiste arrivé en seconde position derrière Omar Bongo, constitua un gouvernement parallèle qui reçut le soutien de toute l’opposition.

En 1994, de nouvelles émeutes, à Libreville et à Port-Gentil, contribuèrent à l’ouverture de négociations entre le pouvoir et l’opposition. Les accords, difficilement négociés à Paris et conclus à Libreville en octobre 1994, prévoyaient la formation d’un gouvernement d’union nationale et la tenue de nouvelles élections législatives en 1996.

Ces accords furent approuvés par référendum en juillet 1995. Malgré une conjoncture économique difficile, le président Bongo fut réélu en décembre 1998 avec un pourcentage confortable de 66 % des suffrages exprimés.

L’opposition, regroupée autour de Paul M’Ba Abessole, le maire de Libreville, en un Rassemblement national des bûcherons (RNB), mais ne présentant qu’une unité de façade, a mis en question la régularité du scrutin.

la culure Fang du Gabon

12 juin, 2011
culture | Pas de réponses »

2500942262962973851041137947253019299923067652901a1.jpg 1er partie:
la culture fang est facilement reconnaissable dans de nombreux phénomènes typiques que l’on retrouve partout où s’est installée cette ethnie en Afrique Central, dans les trois républiques du GABON, de GUINEE-EQUATORIALE et du CAMEROUN. Ces principaux phénomènes typiques – le récit épique du Mvet et toutes les danses culturelles qui en découlent plus ou moins directement, le culte fondamental des ancêtres > qui se célèbre au son auguste des xylophones >, le régime matrimonial de l’exogamie qui consiste à chercher obligatoiremnet son conjoint ou sa conjointe à l’extéreur de son propre clan – ces phénomènes typiques, disons-nous, caractérisent d’une façon radicale la culture Fang dans l’ ère bantoue qu’elle a envahie vraisemblablement depuis le XV-XVIe siècle.

Outre ces quelques faits indicatifs de la culture Fang sur lesquels on peut s’appesantir, il existe d’autres réalités tout aussi originales et intéressantes à analyser pour pénétrer les arcanes éthico-religieuses de la vie Fang. Il s’agit des notions comme celle de: village, > ou > ou ou > : c’est plus que l’agglomération de quelques maisons à la campagne. Le village désigne le lieu et tous les souvenirs qui y relient quelqu’un, à savoir, ses plantations, ses forêts, ses rivières, c’est le lieu sacré où ont vécu et continuent à vivre les vivants et les morts. C’est le poids d’affection que chaque Fang porte vivant au fond de son cœur par rapport au territoire où ses ancêtres ont planté leur demeure. Ce souvenir est inextinguible.

Notion de corps-de-garde > : cette construction capitale dans toute agglomération Fang: c’est le sujet même de la présente étude. Enfin la notion de > qui désigne un monde supra-sensible, plus réel, selon les initiés, que le monde apparent dans lequel nous nous mouvons. Ce monde ne se laisse pénétrer que par les initiés aux mystères de la vie. Le > dont la structure interne, complexe et énigmatique, échappe aux braves gens que nous sommes, connaît une intense activé surtout la nuit. C’est à la faveur du repos nocturne que les initiés, eux, entrent en action. Ils entreprennent des voyages, des travaux, toutes sortes d’occupations plus ou moins avouables. C’est une vision du monde si ancrée dans la mentalité Fang que le > submerge complètement la vie du monde terrestre et de tous les êtres. Tout y est organisé et semble se réaliser avec une précision mathématique sous l’impulsion et avec le concours des gands initiés du >, un village échappe-t-il à un cataclysme, c‘est toujours grâce au >. Et finalement tout phénomène qui sort de l’ordinaire relève fatalement du >.

Phénomènes sociologiques nombreux et aussi intéressants les uns que les autres, nous nous limitons ici à l’etude du corps-de-garde, > dans le village traditionnel Fang. C’est un sujet, semble-t-il qui comporte des éléments très révélateurs sur la connaissance profonde non seulement de la société Fang en tant que telle, mais sutout l’esprit à la fois hospitalier et fortement viril, voire belliqueux de cette ethnie.
Parler du corps-de-grande >, c’est parler nécessairement du village Fang. Car les deux réalisatés sont fondamentalement liées. D’une façon absolue, un village Fang, petit ou grand, ne se conçoit pas sans son corps-de-grande, son >, > au pluriel, deux, trois, et davantage encore.
Avant d’analyser en long et en large la notion d’> et toutes ses imbrications sociologiques dans la vie du village et du clan, nous situerons auparavant et décrirons le village Fang traditionnel.
Nous pouvons considérer le village Fang sous deux aspects principaux, sa situation géographique dans l’espace et dans le temps et son enveloppe psychologique. En d’autres termes, statistique et dynamique.

La constitution du village traditionnel Fang n’a pas tellement changé depuis fort longtemps. il sétend toujours de chaque côté de la route principale qui le traverse de part en part dans toute sa longueur. On peut remarquer quatre rangées parallèles de constructions: de chaque côté de la voie se situe au premier plan la rangée des maisions des hommes, mariés, toujours de part et autre de la route, les cuisines des femmes. Entre ces deux rangées d’habitations s’étend une cour d’environ six à huit mètres de langeur. Les maisons des hommes sont imposantes et jouissent d’un confort notable. Quant aux cuisines, ce ne sont ni plus ni moins que des maison analogues aux précédentes, mais elles sont la résidence réservée spécialement à la gent féminine et aux enfants. Elles sont donc confortables, bien construites; elles doivent durer aussi longtemps que les autres; elles sont en écorce d’arbre ou en d’autres matériaux. Chaque femme est maîtresse dans sa cuisine à tous les points de vues.

Le corps-de-garde se dresse fièrement à quelques mètres seulement en bordure de la route au centre du village. Si celui-ci est long, les > trois, quatre et bien davantage sont situés le long de la route. Ils sont construits avec les mêmes matériaux que ceux qui ont servi á l’édification des autres maisons du village.

La notion de village toujours sous son aspect statique ne recouvre pas seulement ces éléments que nous venons de citer, elle implique aussi tout ce qui justifie en quelque façon la posision géographique du village. Nous mentionnerons les champs des cultures vivières: bananes, manioc, arachides, des cultures industirelles, café, cacao, puis les rivières où l’on pratique la pêche de génération en génération, comme les forêts où l’on chasse également depuis toujours.

Nous entrons ainsi dans l’aspect dynamique du village: c’est la nature providence environnante qui participe à la survie du clan. Le village devient réalité vitale, matrice véritable de tous les habitants de l’agglomération. Le villageois et la villageoise, pour peu qu’ils entrent dans la forêt, sont assurés des produits qu’ils vont en retirer d’une manière ou d’une autre, depuis les fruits de leurs récoltes jusqu’à ceux qui résultent de la pêche ou de la chasse. Cet environnement géographique est si lié au village qu’il forme pratiquement l’élément essentiel. On ne s’imagine pas un village Fang sans cette composante indispensable. Il détermine et fixe l’image précise du village comme une photographie chère. Voilà pourquoi il n’existe pas de village véritable dans les villes bien que les citadins construisent dans les quartiers par affinités claniques. Le village représente enfin et très spécialement le passé, le présent et l’avenir de l’environnement géographique précédent. Le passé, c’est dans cet espace que les ancêtres ont vécu leur épopée: ils ont conquis cette portion de terre par les armes, y ont célébré le culte des Melan, s’y sont multipliés jusqu’aux générations contemporaines. Le présent, même si le village a changé d’emplacement sur des kilomètres et des kilomètres, il porte toujours som nom originel et bien plus, les habitants restent tributaires de l’ancien emplacement: c’est là qu’ils possèdent encore leurs plantations des cultures vivrières et industrielles. L’avenir, les villages se meurent certes, sur le coup l’exode rural, phènomène socio-économique de notre siècle, mais un petit nombre se mètamorphose pour entrer plus en avant dans l’histoire: leurs habitants y construisent en pierre qui défie l’usure du temps. Ces nouveaux types de village ne se déplacent pas, au contraire, ils deviennent stables, lieu de repli où l’on revient un jour vivre les dernières années de la retraite. En tout cas, on y revient de temps en temps avec toute la famille pour y passer les vacances. Mon village en langue Fang, > comporte toutes les valeurs sociologiques et psychologiques que nous venons de décrire.

2em partie:
Un Fang sans village ne représente plus aucune valeur dans la société où il se trouve. On ne le considère pas, c’est tout juste un vagabond dont tout le monde se moque.
Traditionnellement, le village fixe l’homme et le pose dans la société devant ses pairs: c’est là qu’il a sa réputation, parcequ’il y possède des biens économiques, des valeurs sociales et familiales.

Nous ne savons pas très exactement d’où vient cette appellation de corps-de-garde pour désigner l’>, cet édifice public réservé aux hommes, qui se trouve systématiquement dans les villages Fang, situé à bonne distance des autres habitations du village.

On construit les > à l’entrée, au centre ou à la sortie des villages. Leur nombre varie en fonction de l’importance de la population et surtout l’entente qui règne entre les diffèrentes familles. Un village populeux contient facilement plusieurs >. Deux familles en discorde qui vivent côte à côte ne fréquentent guère le même >, pour éviter des querelles continuelles.

Aujourd’hui, un corps-de-garde est la plupart du temps une sorte de hangar rectangulaire, couvert de pailles ou de tôles, ouvert à tous les vents; il se trouve en bordure de la route qui traverse le village, à l’écart des autres maisons du village. C’est une construction sommaire fermée à mi-hauteur de façon à permettre à ceux qui y sont assis d’apercevoir au loin ceux qui débouchent à l’entrée du village. Les passants qui circulent sur la route peuvent s’y arrêter à leur gré avant de continuer leur chemin. Certains villages ont tranformé leur >, ils en ont fait de véritables maisons spacieuses, agréables où l’on peut rester la nuit et le jour; il y fait tellement bon. On y allume le feu chaque matin de bonne heure.

Pratiquement, c’est là que les hommes, la gent masculine passe les trois quarts de son temps. On y mène une expérience de vie communautaire très poussée: on y partage tous les repas en commun et on plonge la main dans le même plat, aussi bien les autochtones que les étrangers de passage. C’est là qu’on se livre également à toutes sortes d’occupations sérieuses ou futiles. L’ > se transforme tantôt en salle de jeux, tantôt en atelier de vannerie ou de sculpture, tantôt en forge et enfin en palais de justice lorsqu’il faut régler les litiges, statuer des contrats de mariage. C’est finalement une construction polyvalente, car elle sert à beaucoup d’autres rassemblements de population, réunions politiques, séances de vaccination, etc…

Naguère au temps au temps des guerres tribales incessantes, l’ > était la place forte du village, comme le village lui même. On construisait de solides barrières en bois à chaque bout du village. On bâtissait les > en bois en y aménageant des miradors à un mètre du sol, de telle sorte que assis sur des lits en bambou, on put surveiller à l’aise les moindres mouvements suspects qui se dessinaientà l’entrée du village. S’il y en avait d’assez louches, on s’armait aussitôt dans l’ > et l’on mettait l’ennemi en joue à son insu. Une atmosphère de guerre constante règnait dans ces > d’autrefois. Le patriarche du village y résidait en permanence au milieu de ces grands adolescents, ses petits-fils, toujours sur le pied de guerre, les fusils chargés. On passait à l’attaque dès la moindre alerte. Que de guerriers sont tombés à proximité des >, victimes de leur témérité à vouloir les approcher de trop près. C’est de là probablement où l’ > a tiré son nom de corps-de-garde. Sa position stratégique est significative dans le bourg. C’est un poste de guet. Les étrangers qui traversaient les villages devaient s’arrêter obligatoirement dans l’un des > avant de suivre leur itinéraire. Ils devaient du reste circuler sur la route alors que les femmes passaient ordinairement derrière les cuisines pour franchir un village.

Nous disions plus haut que l’ > se trouve à l’écart des autres maisons du village, loin de celles des femmes. Ce detail paraît extrêmement important pour plusieurs raisons. C’est que, c’est dans le corps-de-garde que se joue en définitive l’avenir du village.
D’abord, l’ > est le lieu privilégié où se prennent les décisions importantes de toutes sortes, relatives aux nombreux problèmes qui se posent au village, par exemple, le lieu où l’on établira les plantations de l’année, le calendrier des manifestations du village; c’est là naturellement qu’on décide de faire la guerre à telle ou telle tribu. Ces décisions se préparent et se prennent à huis clos, généralement le soir, tard dans la nuit, en secret, entre les grands responsables du village. A cette heure-là, les enfants et les étrangers se sont déjà retirés. Aucune présence féminine n’y est admise. En règle générale, les femmes ne séjournent dans l’ > que si on les y appelle expressément et à des occasions solennelles, par exemple, le cas d’adultère à juger, ou la présentation d’un futur gendre du village.
Puis l’ > apparaît comme l’espace où ont lieu les manifestations spécifiquement viriles du village Fang. C’est à l’entrée de l’ > que l’on circoncit publiquement, loin des yeux indiscrets des femmes, les jeunes garçons: ceux-ci doivent supporter la douloureuse opération sans broncher, crier. C’est là aussi qu’on applique les châtiments corporels aux garçons trop désobéissants. C’est non loin de l’ > enfin, dans les bananiers que l’on égorge l’ennemi prisonnier de guerre ou toute autre personne ayant commis un crime quelconque dans le village, par exemple, un étranger surpris en flagrant délit d’adultère. Nous devons avoir toujours présent à l’esprit que le Fang est un peuple aux mœurs rudes, à cause de sa longue tradition des guerres tribales. Toute sa vie est marquée par ce courant fondamental. Malgré cela, il possède un sens aigu de la justice, de l’hospitalité et de la dignité de l’étranger.

Ensuite l’ > joue souvent le rôle de palais de justice. Après le décès de quelqu’un, toute la grande parenté du défunt, côté maternel et paternel se réunit dans le corps-de-garde o Chaque fois que d’autres litiges naissent dans la communauté villageoise, on se rend au corps-de-garde pour rendre la justice et ces occasions sont assez nombreuses : ce sont les palabres de dot, de bù le responsable de la famille du défunt proclame les dernières volontés du disparu. On procède alors au partage de son héritage, les veuves, les biens, meubles et immeubles. Enfin l’ > est le lieu idéal o êtes qui dévastent les plantations vivrières du voisin. ù l’on se livre à de très nombreux loisirs d’ordre artistique. Après le retour des champs, on va au corps-de-garde, deviser avec ses pairs sur des sujets de toutes sortes. C’est là qu’on conte principalement le r L’ > est au village ce qu’est la salle de séjour dans la maison moderne. D’ailleurs le Fang a spontanément donné le nom de >, c’est -à-dire, le corps-de-garde de la maison au living room des villas modernes. Celui-ci en effet dans les villas jouit des m êmes prérogatives que le corps-de-garde du village. Mais m L’ > traditionnel reflète quelque chose de très profond, à savoir, l’aspect extrême avec les exigences de la vie contemporaine qui nivellent nos coutumes, la femme Fang reste bien effacée en dehors de la zone de cet >. êmement viril de l’homme Fang. A cet égard, un surnom Fang mérite quelques réflexions, c’est celui de >, donne aux garçons uniquement. Littéralement, il signifie : le corps-de-garde vide, inhabit L’homme donne ce surnom à l’enfant mâle fils unique, ou qui survit après le décès prématuré de tous ses prédécesseurs en bas âge. C’est le survivant tant souhaité qui hérite de tout et surtout de l’ > qui représente la pérennité de la famille. C’est lui qui ranimera le feu entrain de s’éteindre. L’ > est désormais vide d’évènements créés par la présence, la vie chaleureuse des nombreux frères disparus prématurément, mais il ya enfin un rejeton, un reste selon une expression biblique. C’est un vide rempli de présence invisibleau chose du pays!fang!

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